ta contraception

les contraceptions masculines

INTRODUCTION

Les femmes, ne sont fertiles qu’une fois par mois pendant quelques jours quand les hommes eux, le sont tous les jours, tout le temps, 24h/24. Et pourtant, celles qui se coltinent la contraception et ses effets indésirables, c’est bien elles ! Sérieusement ?

Les années soixante ont été marquées notamment par la révolution féministe qui aspirait à une société plus égalitaire dans un contexte où ces dernières ne disposaient pas librement de leur corps. En France par exemple, la vente de contraception était interdite et illégale depuis 1920 jusqu’en 1967la loi Neuwirth permis enfin de la rendre accessible à toutes faisant ainsi de la pilule, un symbole féministe d’une libération. Voilà le début de l’histoire, là où tout a commencé. Pourquoi développer un moyen de contraception pour les hommes puisqu’elles ont enfin ce qu’elles veulent ? La contraception féminine permet certes d’éviter une grossesse, mais ne se préoccupe pas vraiment de leur santé. S’il existe une douzaine de possibilités de contraceptions pour elles, toutes ne sont pas sans danger ou sans effets indésirables sur leur santé. C’est donc après un ras-le-bol de nombreuses femmes de s’infliger des hormones pour le plaisir de ces messieurs, que s’est développé le besoin de partager cette responsabilité

Maintenant ce débat de contraception et de responsabilité masculine pose question. Toutes les femmes ne sont pas prêtes à faire confiance aux hommes considérant l’idée reçue selon laquelle elles seraient plus aptes à contrôler leur fécondité que les hommes. Et on peut le comprendre puisque dans les faits, ce sont elles qui tombent enceintes et non eux. Les hommes eux sont freinés par leur image sociale : “La contraception pourrait-elle leur faire perdre toute virilité ?” De récentes études ont prouvé que ces représentations sont surtout culturelles. La Vasectomie, par exemple, ne concerne que 1% des hommes en France, 2% en Allemagne, 8% en Belgique contre 21% en Grande-Bretagne ! Pourquoi ? Simplement parce que pour commencer, elle n’a au Royaume-Uni, jamais été interdite et est gratuite depuis 1974. Le pays craignant une surpopulation à cette époque, en faisait même la promotion à travers des vidéos publicitaires incitant femmes ET HOMMES à avoir recours à une contraception. Parallèlement en France, la Vasectomie a toujours été un tabou, considérée comme de la mutilation, et n’est autorisée que depuis 2001. Tout comme l’accès à la ligature des trompes pour les femmes, elle est aujourd’hui difficilement accessible pour les hommes exigeant un délai de réflexion de 4 mois.

Vous avez saisi, la contraception masculine pour les hommes est un graaaand débat. Néanmoins, il y en a (et je ne parle pas simplement de la fameuse capote). Des classiques aux plus wtf, faisons ensemble un petit tour des contraceptions masculines existantes ou presque.

 

Les non-hormonales

LE PRÉSERVATIF

Le beau, le grand, le fort mais néanmoins très contraignant préservatiiif ! On le connaît, on l’utilise, on en a souvent un de planqué dans notre portefeuille, le préservatif est LE moyen de contraception. Jamais de trop, il permet non seulement d’éviter les grossesses mais prévient aussi, et surtout, des maladies et infections sexuellement transmissibles. Alors oui, il est contraignant. Il faut dire que devoir faire une petite pause en plein acte de plaisir avec son ou sa partenaire juste pour disposer un vieux morceau en latex sur le pénis, ce n’est ni le plus sexy, ni le plus agréable. Et pourtant, le préservatif est incontournable si l’on veut se protéger correctement. Bien utilisé, il est efficace à 98% mais malheureusement, mal employé, les échecs s’élèvent à 15%. Pour éviter les accidents (il se déchire ou se retire par exemple), il est important de vérifier que sa date limite d’utilisation ne soit pas dépassée, de faire attention de ne pas la percer avec ses ongles ou ses dents en ouvrant l’emballage et également de choisir un préservatif à sa taille. Enfin bref, je ne vais pas vous refaire vos cours d’SVT mais le message est clair : ne le négligeons pas !

LE RETRAIT

La méthode du retrait, aussi appelée méthode du « coït interrompu », consiste à retirer le pénis du vagin avant l’éjaculation afin d’éviter tout contact entre les spermatozoïdes et l’ovule. En ce qui concerne ce moyen de contraception, les avis sont très partagés. D’une part il y a celles et ceux qui en vantent les mérites, mettant ainsi en avant le fait qu’elle permet de faire des économies et qu’elle ne nécessite pas d’hormones, mais d’un autre côté, nombreux-es sont celles et ceux qui la déconseillent la jugeant ainsi trop peu efficace. En effet, beaucoup de femmes déclarent être tombées enceinte peu de temps après avoir commencé à pratiquer cette méthode. En faisant mes recherches, je suis tombée sur de nombreux articles contradictoires, certains conseillant plus ou moins le retrait, d’autres affirmant qu’elle n’est en rien efficace. Mais parmi eux, un article de Urbania intitulé Pénis dans vagin, pour ou contre le retrait ? met en lumière les différents arguments face à ce débat expliquant alors pourquoi certains sont pour et certains sont contre.

LA VASECTOMIE

La Vasectomie est une opération mineure qui vient couper ou dévier le canal déférent pour ainsi empêcher les spermatozoïdes de passer. Il n’y a donc pas de possibilité de rencontre avec l’ovule. Selon vasectomie.net, la stérilisation n’est pas immédiate après l’opération et nécessite entre 20 et 30 éjaculations pour garantir qu’il n’y ait plus de spermatozoïde. Il est alors conseillé de réaliser un spermogramme après 2 ou 3 mois afin de faire une vérification. La vasectomie est techniquement réversible grâce à une nouvelle opération appelée Vasovasostomie consistant à relier à nouveau les canaux. Cependant cette opération ne garantit pas un retour à la fertilité et il est donc très fortement déconseillé de la pratiquer pour une contraception temporaire. La Vasovasostomie aboutirait à une grossesse dans seulement 40 à 50% des cas dans les 3 ans qui suivent l’opération, et les chances de grossesses sont quasiment nulles si l’opération est réalisée après 10 ans. Il est donc plus prudent de considérer la Vasectomie comme moyen de contraception permanent.  

LE RISUG

Et si la solution miracle à tous nos problèmes de contraceptions existait ? Et si je vous disais que vous mesdames, pourriez arrêter de vous bourrer aux hormones et que vous messieurs, pourriez bénéficier d’une contraception aussi efficace que la Vasectomie mais réversible, sans effets secondaires et surtout sans hormones non plus ? Vous ne me croiriez pas et honnêtement, moi non plus. Et pourtant…

Le RISUG, acronyme de Reversible Inhibition of Sperm Under Guidance, est une petite opération de 15 mins qui consiste à injecter un gel synthétique dans les canaux déférent pour ainsi venir les boucher et empêcher les spermatozoïdes de passer. Cette méthode réversible découverte en 1979 en Inde, a été, selon le Dr Sujoy K. Guha l’un des chercheurs, freinée par l’industrie pharmaceutique. « Le principal opposant au RISUG n’est pas le gouvernement […] mais le lobby pharmaceutique international. » avoue-t-il. Selon l’article de l’alternative santé, c’est dans les années 2000 que les recherches ont pu reprendre et ont pu ainsi permettre d’établir un premier bilan selon lequel cette méthode de contraception serait à 100% efficace et sans effets secondaires sur le long terme.

Si les recherches sur le RISUG n’ont toujours pas abouti, il existe néanmoins aux États-Unis un équivalent appelé le Vasalgel qui aurait ainsi le même rôle que le RISUG sans ses propriétés chimiques. Ce produit a été testé avec succès en 2016 et 2017 sur des animaux et doit désormais être testé sur des humains afin d’être approuvé et commercialisé.

Voilà donc à quoi ressemble notre solution miracle de contraception masculine, qui en réjouirait plus d’un et d’une. Mais alors que font nos amis chercheurs ? Pourquoi cette méthode du RISUG ou même ce fameux Vasalgel ne sont toujours pas commercialisés ? Est-ce que l’idée même de cette merveilleuse solution poserait problème aux industries pharmaceutiques ? Parce que oui, si cette méthode est mise sur le marché, probablement que de nombreux couples souhaiteraient l’adopter ce qui signifierait bye bye les contraceptions féminines (on rappelle qu’il en + existe une dizaine différentes ) et bonjour le RISUG ou le Vasalgel. Auquel cas, nos petits laboratoires seraient probablement bien tristes et perdants de ne plus avoir à créer et commercialiser autant de contraceptions féminines…. Le risque est trop gros ! Alors continuons de dégrader la santé des femmes et mettons de côté les possibles solutions, puisque c’est ce qui rapporte !

Pardon, je me suis égarée. Ce ne sont que mes théories….

 

Les thermiques 

LE SLIP CHAUFFANT

Bon. Il existe, ne le négligeons pas. Le fameux slip chauffant. Son rôle ? Remonter les testicules contre le pubis afin de les maintenir à une température suffisamment élevée pour rendre les spermatozoïdes inactifs. Cette méthode de contraception réversible, permet au bout de trois mois à le porter en moyenne 15 heures par jour, de diminuer à 0 le taux de spermatozoïdes mobiles au moment de l’éjaculation permettant d’éviter tout risque de grossesse. N’étant pas sur le marché, le slip chauffant est très compliqué à se procurer. Certaines associations néanmoins militent pour l’accès aux contraceptions masculines et ainsi, le fabriquent et le proposent à la vente. Cependant, il est aussi possible de les fabriquer soi-même grâce à des tutos en ligne !

Bien que très surprenant, le slip chauffant est malgré tout un réel un moyen de contraception efficace, qui, selon le média belge RTBF, en a déjà séduit plus d’un. Bien que contraignant, il assure une protection réversible, non hormonale et également plus écologique !

L’ANNEAU ANDRO-SWITCH

Dans le même esprit que le slip chauffant, l’anneau Andro-switch est un anneau en silicone qui permet un maintien des testicules en les remontant à l’intérieur du corps. Plus discret, ce dernier a été créé par le Français Maxime Labrit qui a décidé en 2016, de prendre en charge la contraception dans son couple. Par manque d’accès au slip chauffant, il décide de trouver une autre solution en ne se contentant que d’un simple anneau qui jouerait alors le même rôle. Suite à sa création, il l’a alors proposé à ses amis qui ont alors beaucoup aimé le concept et c’est ainsi qu’est née cette méthode de contraception « remonte couilles » !

LES HORMONES

Si la pilule hormonale pour homme n’est définitivement pas prête de pointer le bout de son nez, il existe néanmoins des alternatives hormonales plus ou moins accessibles sur le marché. En gel ou en injection, des méthodes se sont bien développées même si elles sont encore en phase de test. Le gel contraceptif par exemple est un gel que les hommes doivent appliquer sur le corps au niveau des épaules tous les jours. Dans un documentaire Arte, James et sa compagne font partie de l’essai clinique. Ce dernier explique qu’il n’a pas ou peu d’effets secondaires et qu’afin de vérifier les résultats de ce gel contraceptif, il doit régulièrement réaliser un spermogramme. Les résultats de cet essai sont pour lui très concluants puisque son taux de production de spermatozoïdes est depuis plusieurs mois, à 0.

En ce qui concerne l’injection hormonale, les informations sont un peu plus floues… Une méthode d’injection trimestrielle ? Une injection hebdomadaire combinée à une pilule ? Selon les pays ou les cliniques, il est possible d’avoir accès à cette méthode de contraception hormonale par injection. Cependant, je n’ai trouvé que peu d’informations complètes à ce sujet et chaque article ou vidéo décrivait un système d’injection différent. Je ne préfère donc pas trop en dire à ce sujet mais malgré tout, je trouve ça intéressant de savoir que cette méthode existe, même si c’est far far away de chez vous messieurs…

LA PILULE

On termine avec la belle, la fameuse, la merveilleuse pilule… ou du moins le mythe de la pilule masculine. Si de nombreuses recherches ont permis d’aboutir à des propositions de pilules efficaces, nous n’en avons pourtant jamais vu la couleur sur le commerce. Mais elle est où la pilule, elle est où… ? Et bah pas en pharmacie en tout cas ça c’est sûr puisque de toute évidence et comme expliqué un peu plus haut, les laboratoires pharmaceutiques ont d’autres choses à faire comme continuer de produire des contraceptions féminines commercialisables qui leur permettent de se remplir les poches. Business is business comme on dit ! Vous l’avez sans doute remarqué mais je ne suis pas très objective sur la question… À vrai dire, en faisant mes recherches, je suis tombée sur tout un tas d’articles très prometteurs qui répétaient les mêmes choses encore et encore… Entre les résultats d’une pilule très encourageants présentés par les chercheurs lors de L’Endocrine Society à Chicago en 2018 dont nous n’en n’avons jamais entendu parler, et les nombreuses autres pilules contraceptives pour hommes qui ont « passé avec succès les premiers tests cliniques »… Mais jamais rien de concluant. La conclusion de ces articles, peu importe leur année de publication, reste la même : la pilule contraceptive masculine ne restera qu’en phase de test tant que sa commercialisation n’aura pas été approuvée. Autrement dit les meufs, on est pas prêtes de se débarrasser des nôtres !

 

CONCLUSION

Bon, comment conclure ? Tout d’abord, pour résumer les actuelles contraceptions disponibles sur le marché, ne sont accessibles pour l’instant que le préservatif (classique), la Vasectomie (dans une certaine mesure) et le retrait (en tant que bon vieux remède maison). Ensuite, sont existantes et accessibles par le biais d’associations ou sur internet le slip chauffant et l’anneau andro-switch. Et enfin, sont encore en phase de test et ne feront leur apparition que dans un avenir très très lointain, les contraceptions hormonales (la rumeur dit qu’elles provoquent des effets indésirables faut comprendre aussi…) et le RISUG bien qu’il en existe un dérivé plus ou moins mis sur le marché américain. En gros, toujours rien de nouveau.

Cependant, je trouve très intéressant de voir que oui, il y a eu de nombreuses études de faites sur le sujet et que la question d’un partage de contraception dans un couple hétérosexuel, est bien présente. Maintenant, faire des essais cliniques et des promesses pendant plusieurs années c’est bien, mais on ne serait pas contre quelques petites concrétisations dans les années à venir, histoire qu’on puisse avoir un plus large panel de choix et que toute la charge de la contraception ne soit pas d’office faite sur nous les femmes !

Plus qu’à croiser les doigts…

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