ton corps

sois belle et (dé)maquille-toi

Je vous ai déjà expliqué dans un précédent article qu’à l’âge de 16 ans, j’ai décidé d’arrêter de porter des soutiens-gorge lorsque je me suis aperçue qu’ils ne me servaient absolument à rien. Mais arrêter de porter des soutifs n’a pas été ma seule petite révolution personnelle. Pendant cette période m’est apparue une envie soudaine d’arrêter d’infliger à mon corps toute autre superficialité qui de fait, n’était pas bonne pour lui.

SE MAQUILLER PAR MANQUE DE CONFIANCE EN SOI

Ainsi, au collège et au début du lycée, le superficiel était ma spécialité. Trop de rembourrage, trop de maquillage, trop de parfum, trop de produits dans les cheveux… trop trop trop. Et il n’y en avait jamais assez pour tout cacher. Comme beaucoup d’adolescent-e-s ou pré-adolescent-e-s, je n’aimais rien chez moi et ne me sentais absolument pas bien dans ma peau. Il était alors évident pour moi de recouvrir et camoufler toutes ces imperfections et tous ces défauts que je me trouvais. Ainsi, lorsque j’ai découvert le maquillage, big revolution : j’avais enfin trouvé le moyen « d’être belle. »

J’ai alors commencé à voler discrètement le maquillage de ma mère autour de 12 / 13 ans. Bien sûr il ne fallait pas qu’elle s’en rende compte alors je me maquillais en cachette avant d’aller au collège et me démaquillais dès que je rentrais. Mais ça, c’était avant qu’elle s’en aperçoive… Un jour, après probablement une peine de cœur pour un amoureux de 3 jours, je suis rentrée chez moi en pleurant. Ma mère a été la première personne là pour me rassurer en me disant que tout se passerait bien, que les garçons étaient tous nuls blablabla… Mais elle n’a pas pu s’empêcher de terminer son speech réconfortant par « Oh tient, c’est marrant mais il y a un peu de mascara là ! » très ironiquement bien sûr car visiblement, je n’étais pas une voleuse très discrète.

C’est ainsi qu’après cet épisode, elle a accepté d’aller m’acheter du maquillage : eye-liner, mascara, fond de teint, fard à paupière… enfin tout le pack quoi.

Et là, c’est le drame.

J’ai développé une dépendance au maquillage, j’étais devenue une addicte, une vraie droguée. Je me levais le matin 1h plus tôt pour passer tout ce temps dans la salle de bain à superposer les couches de fond de teint, d’eye-liner (une belle ligne de 3 ou 4 mm tellement énorme qu’on ne voyait plus la forme de mon œil), rouge à lèvres rouge pétant etc… Il était hors de question de laisser apparent un seul millimètre de la surface de mon visage. Et si le maquillage me donnait l’impression de me sentir mieux et plus belle, la vérité c’est qu’au plus je me maquillais, au moins je m’acceptais au naturel. Avant je me trouvais déjà « moche », mais là j’ai commencé à développer un véritable dégout de mon visage sans artifices. Me démaquiller le soir me demandait beaucoup d’efforts non seulement parce que se démaquiller c’est chiant, mais en plus parce qu’après il fallait que j’affronte mon reflet. De plus, il était devenu HORS DE QUESTION que qui que ce soit me voit démaquillée. Lors de ma première année de lycée à l’internat, la courte période de temps entre 21h et 6h où je ne l’étais pas était réservée à moi, enfermée dans ma chambre sans personne pour voir le monstre que j’étais. Bref, vous l’avez compris : le maquillage ne m’a pas du tout aidé.

VERS UN MAQUILLAGE PLUS NATUREL

Puis un été autour de mes 15 ans, je suis partie en vacances en camping avec toute ma famille, et il faisait chaud. Et clairement, se maquiller quand il fait chaud, c’est chiant voire même inutile. De plus, le camping dans lequel nous nous trouvions avait une piscine et se maquiller pour se redémaquiller toutes les heures n’avait pas vraiment de sens. Alors j’ai commencé à moins le faire et à adopter un maquillage plus léger. Et quel a été ma surprise lorsque j’ai réalisé que je pouvais passer moitié moins de temps à me préparer le matin pour un résultat tout aussi satisfaisant (voire même beaucoup mieux). Byebye les yeux chargés, bonjour le regard plus aéré.

La rentrée d’après, j’étais alors métamorphosée. Plusieurs de mes ami-e-s ont été étonné-e-s de presque découvrir mon vrai visage et m’ont avoué que c’était ainsi beaucoup mieux. Et là : regain de confiance. En fait, je suis pas si laide plus naturel ! C’est alors que j’ai continué de me maquiller ainsi pendant longtemps, avant de me lasser de perdre du temps chaque matin et de finalement arrêter complètement.

BYE-BYE MAQUILLAGE

Aujourd’hui, je ne me maquille plus quotidiennement. Les seules fois où il m’arrive de le faire c’est en général pour des évènements ou occasionnellement quand j’ai le temps et une envie soudaine. En revanche, il y a quelques semaines, j’ai eu l’occasion de découvrir un autre aspect du maquillage : l’aspect ludique et créatif. J’ai ainsi pu tester de nouvelles choses, de nouveaux moyens de se maquiller, jouer avec les formes et les couleurs. Ici, il ne s’agissait pas de se maquiller pour être belle, mais simplement de créer et s’amuser. Il s’agit davantage d’un passe-temps que d’un moyen de se camoufler ou de « s’embellir ». Ainsi j’ai pu faire évoluer mon point de vue et si avant j’étais persuadée que ce n’était qu’un moyen de cacher un manque de confiance en soi, aujourd’hui je me rends compte que cela peut aller bien au-delà.

Néanmoins, arrêter de me maquiller quotidiennement m’a permis non seulement, d’économiser du temps et de l’argent, mais également de prendre confiance en moi en m’acceptant telle que je suis. Parce que finalement, dans mon cas, plus j’essayais de recouvrir mes imperfections, plus je mettais l’accent dessus et les rendais visibles. Aujourd’hui je m’assume pleinement au naturel, boutons et cicatrices compris.

LE PETIT MOT DE LA FIN

Maintenant, mon avis sur le maquillage. Déjà, il est très important pour moi de préciser que je n’ai absolument rien contre le maquillage en général. J’ai conscience que dans beaucoup de cas, le maquillage est un moyen d’expression et/ou permet de prendre confiance en soi, de se sentir mieux ou parfois même simplement de s’amuser. Ici je parle de mon expérience personnelle et de ce que j’en ai conclu. Pour moi, il a été davantage une source de stress qui accentuait mon mal-être et arrêter d’en porter a été un grand soulagement. Je sais que d’autres personnes sont également dans cette même situation. C’est donc pour cette raison que j’ai décidé d’écrire cet article : pour que l’on apprenne toutes et tous à s’apprécier, même sans artifices. Parce qu’aujourd’hui c’est comme ça que ça marche : on DOIT être beaux ou belles. Et comme tous les jours on nous rabâche encore et encore ces critères de beauté auquel on doit correspondre, surtout pour nous les femmes, on ne prend plus le temps de s’aimer simplement tel que l’on est. La pression qui existe pour correspondre à ses critères commence dès toute petite : « T’es pas belle quand tu pleures ! » Ça vous dit quelque chose ? Super pratique pour la confiance en soi !

Alors voilà, à travers cet article j’aimerais simplement rappeler à toutes celles et ceux qui lisent ceci, que vous êtes tout-es merveilleux-es, avec ou sans maquillage, en train de pleurer ou entrain de rire. Et si vous ne me croyez pas, croyez au moins ceux qui vous le disent en vous regardant droit dans les yeux, car si vous, vous ne vous voyez pas comme telle, eux savent que vous l’êtes.

Ayez confiance en vous !

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